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Les esprits chagrins l'assurent: Tokio Hotel, le groupe de rock allemand qui enflamme les jeunes adolescentes depuis deux ans à travers toute l'Europe, serait déjà en train de s'essouffler. A Paris, Bill et ses trois musiciens n'avaient récemment pas réussi à remplir le Parc des Princes. Eh bien, ceux qui se trouvaient hier autour de l'Arena, à Genève, en ont eu un cinglant démenti. Comme tous les phénomènes liés aux ados, Tokio Hotel passera forcément de mode mais ce n'est pas encore d'actualité. A 15 h, soit quatre heures avant le concert, les organisateurs estimaient déjà que les 10 000 fans, à 90% des jeunes filles de 12 à 15 ans, étaient déjà là. Une longue file, criante, piaffante d'impatience, s'étirait sur près d'un kilomètre. Look gothique, tatouages, c'est comme si toute la région de l'aéroport avait été envahie par la «tokiomania», à en laisser les touristes abasourdis. Les plus irréductibles, on le sait, campaient devant le sanctuaire depuis une semaine. Hier, l'afflux a commencé dès 6 h du matin. Car un concert de Tokio Hotel, comme au plus beau temps des Beatles, se voit dans la fosse, aux premiers rangs, et pas aux places assises. On rêve d'un regard, voire plus, d'un baiser de l'idole, du leader Bill, 19 ans. «A la fin des concerts, il jette toujours sa serviette et sa bouteille d'eau, c'est l'hystérie», sourit Liliane, 17 ans, qui hier, après Lyon, en était déjà à son deuxième pèlerinage.
Scènes de folie dans une étuve
Dix mille personnes dans une étuve: il fait très chaud à l'Arena. Passe encore assis dans les gradins, mais en bas dans la fosse, ils, plutôt elles - des jeunes ados en immense majorité - sont près de six mille, entassées, frôlant l'hystérie en attendant leurs idoles. On prend presque peur. La lumière s'éteint, la salle n'est plus illuminée que par des milliers de portables et une immense clameur monte. Des calculs ont prouvé que, lors des concerts de Tokio Hotel, les cris des fans peuvent atteindre 130 décibels, l'équivalent d'un avion au décollage. On doit largement y être. Bill, cheveux hirsutes et look androgyne, reste sur l'estrade lors des deux premières chansons puis, provoquant une hystérie savamment étudiée, rejoint ses musiciens sur scène. Le public peut presque le toucher. «Welcome Genf!» lance-t-il. La scène est constellée de cadeaux lancés par ses admiratrices. C'est du Clo-Clo de la grande époque, en plus fort. Dans les premiers rangs, les services sanitaires n'en finissent pas d'extraire des filles au bord de l'évanouissement. Une habitude lors des concerts de Tokio Hotel. N'y avait-il pourtant pas trop de monde hier soir aux places debout? N'a-t-on pas joué dangereusement avec la santé de ces jeunes? «Non, à Bercy, 800 filles avaient ainsi dû être évacuées. Un peu de revitalisant et elles n'ont qu'une envie: retourner dans la salle», répondait hier soir Michael Drieberg, l'organisateur.
Source: Le Matin
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